Blog récapitulant mes entrainements et compétitions de course à pieds et de cyclisme
ACTE 1 - SCENE 2
Ou en étais-je ?
La cassette 12X28 c'est fait....
La gare routière de ST JEAN, OK.....
La "grosse" sur le Home trainer, c'est bon......
Le gros caca de la peur, c'est réglé....
Ah ouai...., le départ imminent.......
Si l'année dernière, la tension était à son comble au moment du départ de l'étape, cette année, ce fut l'inverse.....
Même, si c'est vrai, j'ai mal dormi la veille ; c'est sans aucune pression que je franchi l'arche de départ......
Primo, je n'aurai aucun point de repère chronographique.....

Pas de GARMIN, pas de montre....rien.....
Aucune donnée sous les yeux : Pas de cadence, pas de pulsations, rien.....
Et j'me suis fixé une stratégie de course complètement différente de toutes celles que j'ai déjà pu mettre en place dans ma maigre vie de compétiteur....
C'est sans pression, ni objectif particulier que je vais m'élancer sur cette compétition......

MISSION PREMIERE : TERMINER......et pour se faire, GERER, me MENAGER et me PRESERVER pour le final.......
Cette étape du tour n'est pas une mince affaire et je sais qu'elle va faire mal.......
Pas question d'envoyer le sac dès le début, parce que j'me vois parti pour une aventure d'au moins 06h30......
Le calcul était simple.....
Je vous l'avais d'jà précisé.....
L'étape 2012 est une étape 2011, plus 30 %......
30 % de distance en plus, 30 % de dénivelé en plus, donc, mathématiquement, 30 % de temps en plus.....
Cette année, je n'ai pas reconnu le parcours et vais découvrir LA MADELEINE par ROGNAIX et le MOLLARD par ST JEAN D ARVES....

L'année dernière, j'avais déjà gravi LA MADELEINE (mais par LA CHAMBRE), LA TOUSSUIRE, (mais sans passer par LE CORBIER : j'avais coupé au plus court) LE GLANDON : Je connais par coeur et LA CROIX DE FER aussi.....
C'était moi, l'année dernière....j'me trouvait légèrement plus affuté je trouve....
Je sais ce qui m'attends et je ne vais pas "attaquer" cette étape comme n'importe quelle cyclosportive......
J'emporte 3 bidons sur le vélo (habituellement c'est deux)
Je me suis très peu couvert (je n'ai pas mis de tee shirt sous mon maillot de cyclisme)
Pas de musique cette année.....
Et, pas trop de bouffe emportée avec moi, (toujours par rapport à l'année dernière)....
Ce sera 2 pomme-pote, un tube de lait concentré sucré, une barre de céréale et un gel...pour le final....
Il ne me faudra pas longtemps pour me rendre compte que l'euphorie de la course frappe presque tous les concurrents.....
Je ne vous dis pas comment la majortié des participants vont traverser et quitter ALBERTVILLE.......
ça roule déjà presque à fond !!!!!

ça m'a fait penser au départ fictif de la CH'TI BIKE, lorsqu'on quitte tous ARMENTIERES et qu'on roule à 45, 50 km/h......
Je n'ai pas fait 3 bornes, qu'un gars répare déjà une crevaison sur le bord de la route.......
J'ai pensé à sa galère....
Et tous ces dos d'âne, parsemés ici et là, qui vont éjecter tous les équipements mal fixés.....
Bidons, lunettes, alimentations....y'en à partout.....
Devant moi, un gars va perdre ses 2 bidons au passage d'un ralentisseur.....
Il va monter sur les freins, et.....Bin..... je ne sais pas comment il a fait, s'il les a récupéré ou non, parce que derrière, y'avait des cyclistes partout......
Quelques kilomètres après la sortie d'ALBERTVILLE, juste après un passage à niveau, c'est une miriade de bidons multi colore qui jonchent les bas côté.....

Y'en a p'têt une cinquantaine !!!!! Dingue......
On se retrouve à rouler dans la vallée, sur la nationale 90.....
Il pleut toujours et les jets d'eau laissés par les roues arrières des cyclistes qui vous devancent sont impressionnantes.....
Pas question que je "prenne de roue" sans être noyé en quelques centaines de mètres.....
C'est la raison pour laquelle je vais rouler décalé, pour éviter la flotte mais aussi, surveiller ce qui se profile devant....
Eviter trous, ralentisseurs, bidons....tout ce qui aurait pu me piéger......
6 bons rouleurs lancés à pleine vitesse vont nous laisser sur place........
Ils bombardent en file indienne, à bloc, envoyant du lourd.....
La moitié des 15 éléments du groupe que nous formions vont enquiller et partir.......
Je ne vais même pas penser à enquiller, alors que je le pouvais facilement......
Je vais seulement rire en pensant à ce qu'avait dit JESUS à son père, lorsqu'il était sur la croix :
"Père...Pardonne leur, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font"
L'homme sage que j'étais devenu me surprenait.......
ça fait longtemps que mon coupe vent laisse passer la flotte et je dégouline de partout.......
Mais, je n'ai pas froid.......(c'est déjà ça)
Je me rends compte que le pignon de 16 que j'ai abandonné avec ma nouvelle cassette me fait défaut lorsque je suis sur la plaque......
Le trou reste important entre le 15 et le 17.....

Et lorsque je suis sur le 17 et que j'en descends une.....Il me faut bien appuyer pour envoyer sul 15.......
Alors je mouline du plus que je peux sul 17, actionne ma poignée de vitesse et me trouve bien sul 15......
L'expérience de l'homme sage que j'étais devenu va encore payer.......
Et, ce qui devait arriver arriva......
Je reconnais là, devant moi, à 300 mètres, trois gars du groupe initial, qui étaient partis avec le groupe de furieux et qui coinçaient déjà....
Je vais juste assister un jeunot qui souhaite revenir sur eux et qui se trouve bien seul dans sa manoeuvre.......
On va rentrer sur le trio assez rapidement, après un joli p'tit relais du STEF, bien appuyé, comme il les aime ......
Faut dire qu'on arrive déjà au pied du COL DE LA MADELEINE et que mon cardio est loin d'avoir pris les tours depuis mon départ.......
Alors ce p'tit exercice m'aura permis de monter le cardio.....
On vient de faire une bonne vingtaine de kilomètres et j'ai déjà bu la totalité d'un bidon......
50 cl d'une boisson energétique POWERADE parfum cerise.....
Au pied du Col, un portique bipe à notre passage......
Toutes les ascensions sont chronométrées.......
Devant la roue avant de la moto.......le déclencheur de la montée de LA TOUSSUIRE
J'ai à peine fait 500 mètres que je vais m'arrêter au pied d'un "mur"....le premier mur d'une série impressionnante.....
J'ai trop envie de pisser......
Et je ne suis pas le seul......
On est au moins une dizaine à se soulager.....

Et franchement, pression et débit au max.....j'ai vidanger pendant p'têt 40 secondes......
J'avais la vessie à 7 bars !!!!! comme mes pneus......
J'ote mon coupe vent, remets les manches à l'endroit et le range dans ma poche centrale de maillot.....
ça va chauffer pendant 28 kilomètres........
On allait passer de 500 d'altitude à 2000 mètres......
Une nouvelle fois, l'homme sage que j'ai découvert en moi ce dimanche, va prendre le dessus.......
Si je peux monter sur le 19, voire même le 17, je vais utiliser 21 et 23.......

Je vais mouliner et préserver mes jambes......
Je ne sais pas exactement à combien de rotations je tourne les jambes, mais, expérience du H.T. aidant, je suis à plus de 75 RPM.......
Il bruine encore mais je fais abstraction de ces conditions météorologiques.....
ça y est.....
Je suis dans mon élément, et je vais me concentrer sur toute mon ascension.......
Rien, je ne vais rien laisser au hasard......
Toutes les recommndations prises ici ou là, vont être appliquées à la lettre.....
"Décontracté sur le vélo STEF....."
"N'oublie pas de boire STEF......"
"L'alimentation STEF...très important....."
Et sans m'en rendre compte, je vais gravir cette première partie de col, en ayant déjà sifflé un second bidon de flotte, une pomme pote et ma barre de céréales.....
Photo trouvée sur le site de Jean christophe....voir son résumé d'étape :link
Je reconnais tous les membres du peloton de 15 que nous formions à la sortie d'ALBERTVILLE et qui avaient enquillés derrière les furieux.....
Je vais tous les dépasser.....sans avoir l'impression de forcer......
Après une quinzaine de kilomètres d'ascension, on arrive au premier ravito : Flotte et bouffe.....
Personne ne s'arrête........sauf moi.......
J'ai décidé de m'arrêter à chaque ravito pour faire le plein et couper....
Ouai....tout simplement couper les efforts et me décontracter les jambes.....
Lorsque je descends du vélo, j'ai déjà le dos qui commence à faire mal.....
Mais ça...j'men doutais....
Aucune précipitation au stand, vachement bien achalandé d'ailleurs.....
Et vas-y que je te goutte ça, que j't'avale ça, qu'on me fait le plein de mes bidons (sympas tous les bénévoles sur les stands.....tous sympas et vachement impliqué dans notre épreuve....chapeau...)
Je crois même que je vais retourner pisser un p'tit coup avant de repartir......
Tant pis pour le chrono de l'ascension de la MADELEINE !!!!
Et je vais reprendre ma grimpette......
Pour dépasser et dépasser encore des participants.....
Je redépasse des gars que j'avais déjà repris avant mon arrêt, dont un gars du peloton de 15 du début.......
Mais...j'me fais aussi déposer comme une merde par des gars qui envoient de la mort......
J'entends le son si caractéristique de leurs roues carbonnes fondre sur moi.........

C'était déjà un gars du troisième ou 4 ème SAS qui venait de m'avaler....
La seule chose que je pouvais lui souhaiter, c'est qu'il puisse tenir ce tempo jusqu'au bout......
Et zou, le premier col était passé....
Au sommet, il fait gris, mais il ne pleut plus je crois.....
photo trouvée sur le site de jean christophe http://colsavelo.over-blog.com
Je refais le plein des bidons, repisse un coup, me dégourdi les jambes, ré-enfile mon coupe vent et me lance dans une descente de follie......
Pas question de descendre en roue libre et d'être frigorifié......
Il me faut tourner les guiboles.....(DOM me l'avait conseillé il y a déjà bien longtemps...)
Je vais me faire plaisir tout en étant prudent......
Les freins ne répondent pas comme sur le sec, vous vous en doutez bien, mais, on prends rapidement ses repères et on anticipe.....
Si déjà sur routes ouvertes, je fais de belles trajectoires lorsque la visibilité est bonne, là....j'vous raconte pas le travail......

Et chose surprenante, certains cyclos roulent à droite, évitent de couper court, alors qu'ils le pouvaient sans aucun problème.....
La descente fut longue....très longue....
La crispation de mes bras soudés au guidon, la recherche permanente de la meilleure position profilée (la tête dans le guidon nom de dieu....) vont engendrer des douleurs inattendues....
Ce sont mes trapèzes qui vont manger..........

Lorsqu'on arrive dans la vallée, je m'arrête à nouveau au ravito complet, pour manger figues, abricots secs, barres de céréales, madeleines......
On me propose de la poudre energétique à diluer dans mes bidons, des gels, j'en prendrais pas....pas là.....
Je vais boire sur place, beaucoup, et quitter le stand les bidons pleins de flotte et les poches pleines de figues.....(j'adore les figues)
On s'élance dans la vallée pour une dizaine de kilomètres que ne feront pas les coureurs du tour, Jeudi Prochain.....
Il y a des travaux dans "LA CHAMBRE" et on suit une petite déviation dans la vallée, ou.....ça souffle bien d'ailleurs
Je me pose dans un p'tit groupe, pépère....à l'abris.......
Je ne sais pas à combien on roule, mais....j'peux vous dire que j'pouvais rouler bien plus fort et même distancer tout le monde si je l'avais voulu......
On se dirige vers le plat principal de cette étape.......
Les COLS DU GLANDON et DE LA CROIX DE FER........
Je sais qu'une fois passé ces cols, le plus long sera fait......
J'ai bien dit le plus long, pas le plus dur........
Lorsqu'on arrive à ST ETIENNE DE CUINES, au pied DU GLANDON, on est à mi parcours.....75 bornes......
Il ne pleut plus et je vire coupe vent, manchettes et vais m'appliquer dans cette ascension que je connais bien mais que je redoute pourtant....
Je vais m'exprimer dans cette ascension comme jamais auparavant......
J'ai l'impression que mes 70 premiers kilomètres, sans forcer, m'ont simplement servi de super échauffement.......
J'ai des jambes de feu dans ce GLANDON, ou tout se bouscule dans ma tête.....
Les souvenirs de l'année dernière à certains endroits....
J'y avait vu des scouts faire des totems, des feux de camps, chantant à tue tête.....

J'm'y étais fait des frayeurs dans certains virages.... (Pas en montant hin, vous vous en doutez bien..... : Dans l'autre sens, en descendant bien sur....)
J'aime ce col qui reprend tous les stades du biotope montagnard : la forêt de feuillus en bas, les sapins un peu plus haut, les prairies enfin, et pour terminer, la caillasse tout en haut .......
Et je ramasse.....ramasse et ramasse encore tous ces concurrents partis trop vite, trop forts, et qui coincent dans ce terrible GLANDON......
Mais un élément va le rendre encore plus dévastateur......
Le vent....
Et quel vent !!!!!!
POUAHHHH........
Lorsqu'on se retrouve bien à découvert, qu'il n'y a plus d'arbres pour nous protéger et qu'on se met à attaquer les poucentages les plus forts de ce GLANDON (les 6 derniers kilomètres)
C'est vent de face sur 80 % du parcours.......
PFFFFFFFFFFFF........
Et puis là, au loin, ces cylos qui grimpent au ralenti, sur des portions de routes à la pente indescriptible......
ça vous fout un de ces coups au moral......
Le pignon de 28 va commencer à chauffer grave.......
Je regarde les bornes sur le bord de la route et décompte les kilomètres.....

Non seulement je décompte les kilomètres, mais je prends note également du pourcentage de dénivelé qui m'attends dans le prochain kilomètre qui se dessine devant....
9, 10, 11 %.......
De la follie à l'état pur......
C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à lutter et à m'accrocher grace à vous....
Ouai....à vous tous.....
J'me suis mis à penser à vous, à LULU qui en chait sur son IRON MAN, à Eugène qui m'avait promis qu'il me pousserait dans les moments difficiles, à DOM qui pédalait à mes côtés.....et à tous les autres qui m'ont soutenu et que je ne devais pas décevoir.....
Et c'est au moral que je suis monté......
Les quelques passages réguliers en danseuse commençaient à me faire piquer le haut des cuisses (des petites crampes, rien de méchant....)
Lorsqu'on arrive sur le haut du GLANDON, on est encouragé par des spectateurs et j'peux vous dire que ça fait chaud au coeur, surtout lorsqu'ils vous disent : "Vous êtes des costauds les gars"
Et on bascule direct sur la CROIX DE FER.......
Une formalité : ça descend et ça grimpe un peu sur 2,5 kms, 6 pourcent peut être ? à vérifier!!!!
La météo a changé.....le ciel s'éclaircit et les routes sont presque sèches.....

Nouvel arrêt ravito complet : je me goinfre de nouveau, fait le plein de deux bidons et me sépare du troisième.....
Cette fois, poudre energétique dans les deux bidons.....
Gros pipi de la mort et basta.....à fond les balons, direction le col du MOLARD........
Je vais me faire plaisir dans la descente, tout en m'étirant, me redressant complètement sul vélo, roulant des épaules pour me soulager les trapèzes, jouant de la tremblotte des deux jambes pour me dégourdir les muscles.....
Je sentais que ça commençait à devenir limite limite.......
Et ce qui devait arriver arriva.....
Au pied du MOLARD, dès les premiers coups de pédales en prise.....c'est les crampes foudroyantes......
NO PANIC STEF : Je déclipse et me pose sur le côté.....
Petit massage, étirement, flexions.... et je remonte en selle......
J'me mets direct en danseuse sur 300, 400 mètres d'ascension et me repose le fessier sur la selle :
ça y est, c'était passé et comme par magie, les 7 kilomètres du MOLLARD se feront sans bobo....
Sans bobo, mais, à grand coup de 23, ou plutôt 25, mais surtout de 28......
L'accumulation des kilomètres et du dénivelé commence à m'affaiblir.....
Je le sens...le ressens, surtout quand j'me fais dépasser......
C'est bien simple : Sur le 28, je limite la casse mais me fais dépasser......
Lorsque je redescend sur le 25, je reviens sur les gars qui m'ont passé, mais suis obligé d'appuyer et de forcer.......
FORCER SUR LE 34X25 !!!!!!!!
AVOIR MAL SUR LE 34X25 !!!!!!!
Alors je vais alterner mes efforts......
Un p'tit coup sul 28, un autre sul 25......
La descente jusqu'à ST JEAN DE MAURIENNE va être prudente.....
La route est mauvaise, très mauvaise et je vais me faire des frayeurs, me prendre des crevasses, des rainures, sortir large dans les graviers.....
c'est Pierre Rolland qui se fera surprendre dans cette descente quelques jours plus tard.....
Je commençais à manquer de lucidité........
Il n'empêche que je vais de nouveau me détendre sur le vélo, me décrisper, me soulager les articulations, les muscles....
Je vais faire le vide dans ma tête pour bien attaquer ces 18 derniers kilomètres d'ascension vers LA TOUSSUIRE......
Je vire mes mitaines et à peine franchit le portique déclenchant le dernier chrono d'ascension, rebelote...
Nouvelles crampes......
Le gars à l'arrêt, sur la gauche de l'image, se tenant l'ischio Gauche......bin c'est moi......et ça me dépasse...et ça me dépasse......
C'est la seconde fois qu'après une période de relative facilité (des descentes), dès qu'il me faut retaper dans le bois dur, c'est crampes au menu.....
Alors j'me mets direct en danseuse sous les applaudissements de nombreux spectateurs......
Mais j'peux pas....
Trop douloureux....
Alors je déclipse et m'arrête une nouvelle fois.....
"C'est mal barré mon gars!!!"
"Vous voulez un massage?"
"Ah le malheureux!!!...."
Y'a du monde et les commentaires vont bon train.......
Mais je ne panique pas pour autant, malgré bon nombre de cyclistes qui me dépassent.....
Et même topo que dans le précédent COL......
Massage etc....et re-danseuse sur 400 mètres......
C'était reparti......
Et là, ce fut la plus longue ascension de ma vie....
Attention, pas en distance, mais en temps.....

Le temps venait subitement de se ralentir et j'avais l'impression que je parcourais un kilomètre en 15, voire 20 minutes.....
les bornes ne défilaient plus.....
J'avais l'impression qu'il y en avait une sur 3 ou 4.....
PFFFFF.....
Horrible...
J'ai ouvert mon maillot et j'ai commencé à galérer.......
Des cyclos avaient posé pied à terre et montaient le vélo à la main. !!!!!!!!
Un autre, sur le bas côté pestait : "putain de crampes, putains de crampes....."
Et puis....et puis, il y a eu cette femme......
Assise, seule, au soleil, sur le bord droit de la route, 7 kilomètres avant l'arrivée........
A mon passage elle me dit : .......
389......
et au gars qui me suivait : 390..........
Je me retourne et lui demande si c'est nos places ?
Elle répond : oui.......
Alors, comment vous dire ? comment vous expliquer ce que j'ai ressenti à cet instant ?
C'était comme si......
Non vraiment, j'peux pas vous expliquer....
J'en revenais pas........
Après tous les arrêts que j'avais effectué, les récupes dans les descentes, mes maitrises absolues sur le plat pour ne pas bombarder......
Je me retrouvais 389 ème à 7 kilomètres de l'arrivée.......(Attention, pas 389 ème au général mais 389 ème à passer.....)
Alors, j'me suis dit que je venais de réaliser quelques chose d'extraordinaire et que j'avais fait le boulot comme il fallait.....
Je n'avais plus de jus pour tenter quoi que ce soit avant l'arrivée et me suis laissé aller jusqu'à la ligne d'arrivée....
J'ai repris quelques concurrents, mais j'me suis fait surtout encore dépasser......
à 100 mètres de la l'arche d'arrivée, les larmes me sont montés aux yeux et j'me suis retenu de ne pas craquer.......
J'étais heureux......
Il était 14h38.......
fin de l'acte 1 scène 2........