Blog récapitulant mes entrainements et compétitions de course à pieds et de cyclisme
Petit retour sur mes vacances dans les Alpes.....
On s'était quitté après mes ascensions des cols de la Forclaz et de la croix Fry.......
Lundi 23 Août 2010, 11 heures
Après mes exploits de la veille, j’ai pensé qu’il ne fallait pas que j’en fasse de trop aujourd’hui.
Pourtant, j’avais passé une bonne nuit ( tu m’étonnes….) et ne ressentais plus aucune douleur aux jambes.
J’ai alors décidé de monter LA COLOMBIERE et de revenir….une trentaine de bornes, pas plus.
La météo a bien changée depuis hier : Le ciel est gris mais le plafond nuageux assez haut.
Je partirai en emmenant de nouveau mon petit sac noir ou se trouverons embarqué mon K-WAY et une seconde chambre à air….ma petite mésaventure d’hier m’a rendu encore plus prévoyant.
A la sortie du CHINAILLON, il commencera à bruiner . L’eau ne me quittera plus jusqu’au sommet.
L’ascension se fait sur un rythme soutenu. Je ramasse encore quelques cyclistes dont un en particulier, qui ne m’a pas entendu et qui m’a fait un écart sur la gauche alors que j’étais à sa hauteur….
Petites excuses à mon « HEP! HEP! » …Plus de peur que de mal….
Je forcerai sur les deux derniers kilomètres pour déposer un gars, à qui je mettrai 4 minutes …. Sur 2 bornes, j’ai trouvé ça énorme…
Ce type que j’avais « mangé » dans l’ascension a voulu se venger dans la descente….Il s’est empresser d’enquiller ma roue, lorsqu’il m’a vu m’élancer avec mon K-WAY rouge sur le dos.
Vous me connaissez……ça n’a pas duré longtemps : s’il était derrière moi dans les premières lignes droites, après chaque fin de courbe, à la relance, je lui mettais une mine……
Alors dès le troisième virage, il avait renonçé…et moi j’étais déchainé : dépassement de voitures et tout et tout…..il va bien à descendre ce col, surtout que son revêtement est encore correct…..
Je rentrerai à l’appart noyé……noyé sous mon K-WAY, en ayant réalisé une superbe descente, malgré une certaine appréhension dans tous les virages, les LITHION 2 me rassurant moins que les PRO RACE…….
BILAN : 29,42 kms en 1h14’10’’ et un pulse moyen à 142.
SENSATIONS : Excellentes….Je crois que j’avais assez de jus pour me taper bien plus que ces 30 bornes…..
Demain, la météo va être pluvieuse, j’en profiterai pour nettoyer le vélo et me rendre au culture vélo d’ALBERTVILLE…….Il paraît qu’il y a du choix en tout….(c’est le ch’ ti de Rouvroy rencontré aux aravis qui me l’a dit….)
Mercredi 25 Aout 2010 08h40
Je me suis longtemps fait surprendre par les distances séparant un point d’un autre, en analysant ma carte RHONE ALPES MICHELIN au 1/200000 : 1 cm représentant 2 kms…..Elle date de 1993.…
A vol d’oiseau, le calcul était vite fait. Mais il fallait tenir compte des dénivelés et des innombrables lacets : pas vraiment évident… Bin aujourd‘hui, je me suis bien fait surprendre.….
J’avais dit à ma femme que je partais pour une sortie longue avoisinant 4 heures : Au programme, le col de la RAMAZ .
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C'est en survolant l’ article d’une revue de cyclisme ventant sa difficulté dans un point presse, que j'ai découvert qu'il n'était pas si loin de notre location....
Il y était précisé qu’il fallait l’attaquer par MIEUSSY, comme lors de l’étape du Tour de cette Année….
C’était pas compliqué pour s’y rendre : Direction Le GRAND BORNAND, monter et descendre le COL DE LA COLOMIERE, traverser CLUSES jusque TANINGES, rattraper MIEUSSY et se taper le col……A vol d’oiseau sur la carte : 12 cms…..
Je vais tout de même me charger en victuailles, parce que je sais que je vais l’avoir dur, surtout sur le retour quand je partirai à l’assaut de LA COLOMBIERE, depuis CLUSES…..
Les conditions météo sont au top : le ciel est d’un bleu azure et le soleil commence a illuminer toute la vallée….je devrai me régaler…
Mon vélo fonctionne à merveille : avec le temps que j’ai passé dessus la veille, il est comme flambant neuf et tourne dans un silence religieux……
Tous les cyclos sont de sorties.
Il y a du deux roues partout : un panel de modèles, de couleurs, de personnages les chevauchant : tout un spectacle.
Et puis, cette reconnaissance entre cyclistes : ces petits signes de la tête ou de la main en guise de salutations, ces encouragements dans l’effort….Une superbe ambiance…
La montée de la Colombière se fera sans particularité notoire, sur un tempo moyen, en guise d’échauffement.
Des voitures à l’arrêt en pleine ascension facilitaient la traversée de la route à ces superbes laitières que sont la variété de vaches «ABONDANCES» . Elles rejoignaient l‘alpage, sans guide, comme attirées par l’ivresse des verts pâturages.
Je me faufilerai entre les bêtes, sans déclipser, non sans avoir eu peur d’être encorné par une furieuse….
Je serai une nouvelle fois scotché par la vue sur les massifs enneigés au sommet du col….c’est indescriptible.
Je m’éclaterai dans la descente de la COLOMBIERE : 13 kms de trajectoires, gros freinages et relances jusque SCIONZER et CLUSES....(13 bornes de desentes, c'est long)
CLUSES, c’est la ville…plus rien à voir avec la zone touristique d’où je viens : Je me retrouve dans la vallée de l’ARVE (belle rivière qui s’écoule à torrent en direction du LAC LEMAN),
Je prends des grands axes, suisstoppé par de nombreux feux tricolores (j’oublie même de réenclenché ma 305 sur 5 kms ), traverse l’autoroute A40 qui mène de GENEVE à CHAMONIX….
Je roule sur de nombreuses portions de plat ou je retrouve les joies du 50 dans l’effort, à 35, 40 km/h de moyenne….
Il n’y a plus aucun cyclotouriste jusque TANINGES, ou je me serai tapé de la trois voies en côte et en descente…..
Entre TANINGES et MIEUSSY, la route est splendide, superbement goudronnée, légèrement vallonnée et propice à des belles vitesses….Je bombarde et me fait plaisir en rattrapant un cycliste avec qui je ferai un bout de chemin, jusqu’au panneau indiquant le col DE LA RAMAZ…..
Dans un rond point, à droite toute….la couleur est immédiatement donnée : Là, dans la propriété d'un particulier, 5 à 6 vélos peints de rouge et blanc, sont plantés en bordure de routes, vestiges du passage des grands du Tour 2010.….
Pour information, ce 12 Juillet dernier, Lance Armstrong y avait vécu une sale journée. Il s'était payé deux chutes d’abord (dont une à vive allure), puis il a subit cette incapacité à suivre les meilleurs, dans le dans le joli mais dur petit col de la Ramaz, où il a concédé une première minute sur le groupe des favoris.
Pourtant, je ne découvrirai aucune inscription sur la route sur un bon nombre de kilomètres….
La première partie de cette ascension est somme toute raisonnable, rien de bien méchant : j’évolue sur le 34X19 et 21.…et comme dans le COL DE LA FORCLAZ, je me dis que ça va aller comme sur des roulettes….
Ce col est d’un calme….pas une voiture, pas un motard, et chose qui m’inquiète un peu aussi, pas un cycliste….
Alors lorsque j’en aperçois un en ligne de mire, ça me rassure : il monte lentement, sans éprouver de réelles souffrances : il a la cinquantaine bien frappé, légèrement enrobé et évolue sur un vélo de course d’une autre génération….
Je me positionnerai à sa hauteur, le saluerai et lui demanderai si l’on est bien entrain d’effectuer le COL DE LA RAMAZ…..Il me répondra par l’affirmative en me précisant que ce n’était que le début…..
Je l’encouragerai alors pour son ascension et l’abandonnerai à son propre sors…
Mais le nec plus ultra allait se produire au détour d’un virage à droite……..Une vue sur le mont blanc allait me tuer : PFFFFFF, aucun mot, une émotion forte allait m’envahir, j’évoluais dans un cadre digne d’une carte postale….
Que demander de plus pour savourer mes vacances ?
J’étais sur mon vélo, à grimper un col du Tour de France, sous une météo de rêve, avec « en fond d’écran » : le plus haut et beau sommet d’Europe……j’étais sur un nuage….j’avais vraiment beaucoup de chance….
Et puis j’ai commencé à croiser des cyclos qui descendaient à fond de balles…..ça m’a rassuré. Mais toujours personne devant moi......
Comme le Mont blanc m’a scotché au détour d’un virage, un ouvrage en béton allait me faire réaliser ce qui m’attendait dans les centaines de mètres à venir : Là, devant moi, tout là haut sur la corniche, à flanc de montagne, était planté ce paravalanche, qui laissait sous entendre que mon chemin passait par là….
Comment vous expliquer le coup au moral que j’ai pris à ce moment ?
C’est bien simple : j’ai regardé cet ouvrage par deux fois : il se trouvait là,au dessus de ma tête, à une hauteur que je ne pouvais pas estimer ni même imaginer....Je me suis juré de ne plus chercher à le voir se rapprocher, jusqu’à ce que je passe en dessous…..
Je savais qu’il faisait partie de ma route, il figurait sur ma carte routière…..
Et puis toujours ce doute, aucune direction n’indiquait le COL DE LA RAMAZ, seules les directions de SOMMAND et de la station de PRAZ DE LYS étaient représentées par des panneaux.
Je revenais enfin sur des cyclistes, un groupe de trois, des étrangers, belges ou néerlandais…ça parlait « flamanque » : Si ça parlait, c’est que ça pouvait rouler plus vite…. En tout cas, moi, je pouvais pas leur dire plus que « SALUT », je montais sur un rythme élévé….
Et j’ai eu droit à un florilège de bouquets d’aromes qui m’en ont mis plein les narines : Tout d’abord, le foin…, ça fane le regain à tour de manivelles et ça me rappelle mes vacances à la ferme, dans les VOSGES, avec mes parents, il ya 35.….punaise, 35 ans déjà :
J’y suis allé presque tous les ans, de mes 4 ans jusqu’à ma majorité…..Ah GERARDMER, XOMRUPT, LONGEMER…..le COL DE LA SCHLUCHT…..Ah la RENAULT 12, qu’Est-ce qu’elle a pu chauffer par là bas……
Et puis ce fumé, oui, j’ai bien dit ce fumé et non pas cette fumée……le fumé de cette viande de la montagne que j’ai découvert à la porte d’un chalet, en traversant un petit lieu dit…. HUM,……
Ou encore cette cuisine aux oignons, que j’ai remarquée à plusieurs reprises…..Il n’était qu’onze heures du matin pourtant, était ce mon imagination qui me jouait des tours ? Où était ce un rappel de mon subconscient qui me disait « n’oublie pas de t’alimenter si tu veux aller au bouuuuuut!!!!!! »….
Alors j’ai mangé. Non pas une tartiflette mais une pâte de fruits, une pomme pote et une barre de céréales….
J’ai bien fait, parce que le dessert arrivait, non pas à grand pas, mais à grand coup de manivelles…..
Waouh…… le col commençait vraiment….plus question de rouler sur le 19, c’était 21 et 23.…
ça commençait à piquer. Les cyclistes étaient de plus en plus nombreux devant moi…..
Au détour d’un lacet, deux cyclistes étaient arrêtés sur le bas côté. L’un d’eux se tenait au tronc d’un beau sapin et faisait des étirements, il devait avoir de ces crampes….
Faut dire que l’ascension commençait seulement…..et cette différence d’efforts à fournir subitement en calmait quelques uns…..
Et puis c’est devenu de plus en plus dur, de plus en plus costaud, de plus en plus raide, je commençais à jouer du 25.…
Je ramassais les morts…le cardio était dans le rouge : 160 pulses et plus, tout le temps On attaquait dans le bois dur….mais pendant combien de temps et jusqu’où ?
Aucune indication, aucun signe n’indiquait qu’on arrivait au COL DE LA RAMAZ…..
Alors quand j’ai vu sur le bord de la route le chiffre 6 peint en blanc……J’ai pensé au décompte des kilomètres laissés avant le haut du COL DES ARAVIS, ou j’avais dépassé un concurent pour lui mettre 4 minutes sur 2 bornes….
Je me suis dit : 6 bornes comme ça en zone rouge…j’y arriverai pas…..
Alors quand j’ai vu le chiffre 8 inscrit un peu plus loin, j’avais compris que c’était pas un décompte et que j’étais toujours autant dans le vague pour savoir ou j’en était de ce fameux col…..
Et sont apparus les deux paravalanches, c'est fameux tunnels que je m'étais juré de ne plus chercher à regrader..... Je réalisais le travail fourni, le dénivelé effectué depuis tout en bas….
Le GARMIN s’est déconnecté sous le pont, dont la traversée était longue et toujours aussi pentue….
A sa sortie, après quelques centaines de mètres, j’en voyais le bout : Un parking, des voitures, un chalet et le début d’un plat me faisaient réaliser qu’il était là….devant moi, à quelques coups de pédales ce fameux COL DE LA RAMAZ…..
Alors j’ai appuyé et appuyé encore, comme souvent avant de toucher à mon but….Comme aurait dit DOM : « ça sentait l’écurie »…..
Et puis, et puis, quelle fausse joie : J’étais à 1500 mètres, à SOMMAND……sur un replat…..le col de la RAMAZ culmine à 1610 mètres….
La dernière barrière se dessinait là, juste devant moi et le sommet se trouvait surement juste derrière……que ça allait être long…..
Juste après m’être super hydraté, j’ai repris mes esprits et me suis fait une raison : Aller au bout, sans faiblir…
Alors j’ai appuyé et appuyé encore jusqu’à revenir sur bon nombre de cyclos, dont deux gars qui roulaient ensemble.
Quand je les ai dépassé, ils m’ont pris pour une de leur connaissance : «Bin, c’est Christian ça !!!» .......Non, c’est pas lui …. "Eh, tu fais parti du groupe à Raymond ?" qu’ils me disent …..
Je leur répond que non et poursuis mon effort…..
Et puis je ne prête plus attention, je roule….jusqu’à ce que je remarque l’ombre d’un cycliste dans ma roue……….
C'est la première fois des vacances que ça m'arrive....je vais pouvoir batailler......
Comme un soldat vérifie ses munitions avant d’affronter l’ennemi, je jette un coup d’œil au cardio : déjà au dessus de 160 pulses par minutes : mon chargeur était presque vide….fallait pas que ça s’enraye….
Pas d’imprudence, pas de pression, fallait gérer jusqu’en haut…surtout ne pas exploser avant le sommet.
Mais qui était ce ?
Petit coup d’intox, juste pour voir…..j’étais sur le 23, je passe sur le 21 et force : aucune réaction derrière…..l'ombre est toujours là et je n'avais entendu aucun passage de vitesse....
Faut dire qu’il était silencieux son Spé….., parce que je me suis quand même retourné et reconnu le plus jeune des deux gars qui m’avaient pris pour Christian, du groupe à Raymond….
Il arborait une belle tenue SAXO BANK et était aussi grand qu’Andy Schlek….Il avait la trentaine, pas plus….
Là, je me suis dit : je suis mort…il va me manger tout cru….Il me titille la roue arrière comme un poisson le bout d’un ver au bout d‘une ligne, avant de l’avaler tout entier……..
Et puis je suis vite revenu sur le 23, parce que je pouvais pas tenir sur le 21. A cet instant, j’ai bien entendu son dérailleur qui claquait….
Ça y est, il va m’avaler….
Et puis l‘ombre s‘est rapprochée, lentement, très lentement. Sa roue avant s’est presque portée à hauteur de mon pédalier.
C'est à ce moment que j'ai réagit et que j'en ai remis un coup.
NON, NON, fallait pas que ça se termine comme ça, pas là, si proche du sommet, après tous les efforts que je venais de fournir........me faire déposer à 500 mètres du col.......
Après un enchainement de virages dans lesquels j’aurai fait les meilleures trajectoires sur le 25.…(pas de bagnoles devant, alors à gauche toute..) le sommet se dessinait enfin….
Je ne reverrai plus l’ombre de mon assaillant…..je venais de remporter la bataille.....
Moi qui pensais que la fin de parcours serait si longue , elle n’avait durée que quelques minutes, avec cet invité surprise…..qui me fit presque tout oublier….
Je passerai la limite du col en vainqueur avec pour cadeau….une nouvelle vue sur le Mont blanc mémorable….
«Andy» avait laché prise peu avant le sommet, pour attendre son comparse et passer le col en sa compagnie, tout en lui disant : « ouais regarde, c‘est lui là, avec le GIANT….. » Je leur ai fait un signe de la main en félicitant mon poursuivant qui m‘aura fait cracher les tripes…..j'étais heureux.....
SMS à madame, il est déjà midi et il faut faire demi tour et rentrer……
Je pense déjà à LA COLOMBIERE par CLUSES…..14 kms d’ascension avec une fin terrible….
La descente se fera avec une certaine aisance : je prends de plus en plus d’assurance au guidon de mon vélo….surtout avec mes LITHIONS que j’avais du mal à sentir au début….
Le passage par un lieu dit me fera mourir de rire….
J’avais bien vu en montant le col ce T rajouté au feutre, après le mot BOUE situé sur un panneau de signalisation routière, dessinant une voiture en plein dérapage, mais j’avais pas trop compris le jeu de mot : je m’étais dit, bouée s’écrie avec un E à la fin, mais pas un T…..
Et puis sur le chemin du retour, j’avais enfin compris en voyant la même inscription sur le même panneau à l‘autre entrée du bled : C’était un clin d’œil à Maxime…..MAXIME BOUET….
C’était bien vu de la part de son fan club et ça m’a beaucoup fait marrer…..
Faut dire qu’on est pas mal chauvin sur LA RAMAZ …..c’est dingue la quantité de noms de coureurs français inscrits sur toute l’ascension….
Et puis, j’ai rattrapé TANINGES, CLUSES pour me retrouver au pied de la COLOMBIERE….
Ah oui, un détail qui m’a marqué……j’ai vu deux terrains de foot dans des villages…..de véritables greens :
: magnifiques pelouses, pas un trèffle, pas un pissenlit, une herbe épaisse, verte, d’un dru….
Des pelouses dignes à recevoir des matchs de ligue 1.….
Je n’avais aucune notion du temps en sortant de CLUSES je savais qu’il me restait une bonne trentaine de kilomètres et mon compteur indiquait déjà 100 kms…….
Je ne savais pas l’heure qu’il pouvait bien être, mais savais que j’allais rentré tard : Je savais que j’allais déguster dans cette ascension que je trouve particulièrement difficile par le REPOSOIRE.
Alors, quand je me suis rendu compte que je peinais sur le 23 en attaquant les premières difficultés….Je me suis dit que je ne monterai jamais, c’était impossible : Une simple petite côte de 2 voir 3 %, me faisait déjà caler…..
Et puis je me suis marrer comme une baleine……Je venais de traverser toute la vallée de l’ARVE sur le 50 et,…………..j’étais encore sur le 50.……
Ça m’a rassuré, mais pas convaincu pour autant…. Puisque j’avais pu d’eau dans mes gourdes…..
J’ai même enlevé mon tee shirt sous mon maillot de cyclisme, comme jamais….
Ça a été long, long, mais long….si bien qu’il m’a fallu faire une halte au reposoir pour remplir mon bidon et me boire un coca….j’ai annoncé par SMS a madame que j’étais pas rentré et que je commençais à fatiguer….
Lorsque j’ai repris ma route, je me suis dis : « c’est bon là stef, tu vas perdre ton invincibilité dans cette ascension…..si tu ne t’es jamais fait dépasser, le plus faible des cyclos qui s’ attaque à LA COLOMBIERE, avec rien qu’un petit echauffement dans les jambes, il va te bouffer sur place…..
Et puis rien, personne ni devant ni derrière…..et ce passage à mi parcours : une sorte d’escalier : deux marches à gravir : un plat un mur, un plat un mur…..en danseuse sur le 25, 170 le pulso….terrible.
Et puis, quand j’ai raconté ça à ma fille, elle qui était une fan de chez fan de cette saga :
À un certain moment, j’ai cru que CHUBAkA , de la guerre des étoiles m’encourageait dans mon ascension sur le bord de la route…..
Cette vache avait du attraper un sacré coup de froid, par ce que je vous raconte pas comment elle beuglait…..comme chubaka….
Et ces douleurs….cuisses, mollets et dos….tout en même temps….
A deux kilomètres du col, on aperçoit le sommet : son parking et son chalet sur la gauche…..
Mais que c’est long deux kilomètres à 10 km/h : c’est bien simple et mathématique, c’est à 12 minutes…12 minutes avec le pulso au dessus de 160.
Pour moi qui estime le max de mes puls à 176 ( vu mon grand age), ç’est une épreuve….mais quelle délivrance au sommet…..
Pas d’arrêt, en haut, fallait que je rentre au plus vite….
Une descente rapide mais prudente, sans réelle relance….j’avais mal partout et j’avais pu de jambes…
Dans l’entrée du GRAND BORNAND, un cycliste venait de percuter une voiture qui quittait un stationnement …..il était debout, son vélo en huit sur la chaussée, il saignait du nez…..
Ça m’a refroidi….et j’ai prévenu des policiers municipaux dans un rond point à 75 mètres de là….
Ça ne semblait pas grave, mais je me suis imaginé à sa place et à la place de ma femme et ma fille…..
Et en parlant de femme……je ne vous raconte pas le savon passé à la maison……mes deux derniers messages n’étaient pas parvenu à cause d’un mauvais réseau ou d’une défaillance de mon portable….(12 appels en absence...) c’était la méga panique à l’appart…..Il était 15H00 et pas de nouvelles depuis 12h00.….
Je leur avait dit 4 heures de vélo…..j’en avais fait 5h35.…sans compter les arrêts SMS, pipi, ravito……c’est bien simple, je suis parti pendant plus de 6 heures……
Mais quelle aventure…..je n’ai jamais fait de sortie aussi longue, même dans notre ch’tite région……132 kilometres en 05h35, 4088 mètres de dénivelé positif….ouais, ouais, presque quatre mille cent mètres…… avec un pulso moyen à 142 et une pointe à 172.……
Je venais de réaliser la sortie des vacances, celle que je n’oublierai jamais……..
Je me suis empressé d’envoyé toutes ces donnéespar SMS à DOM en lui racontant mon épopée, dont j'étais si fier...Il me répondra : « magnifique stef…maintenant que tu connais la montagne, il ne te reste plus que 1000 mètres de dénivelé et 50 kms de vélos supplémentaires pour avoir réalisé la partie deux roues de l’iron man d’EMBRUN …..que j’ai déjà disputé deux fois…..n’oublie pas la natation avant et le petit marathon avec ses 700 mètres de dénivelés qui suivent…….
Il venait de me faire redescendre de ce petit nuage sur lequel je me trouvais, par un simple SMS….
Ah ce Dominique, un pro, un vrai, un tatoué et lui, c’est vrai qu’il l’est tatoué…sur le mollet gauche….tu parles, je ne vois que lui quand je suis dans sa roue…c’est-à-dire en permanence….
Alors je me suis dit que l’Alpe D’huez, j’allais peut être le délaisser cette année….
Après une sortie comme celle d’aujourd’hui, je ne sais pas du tout comment je vais me réveiller demain….et c’est justement demain que je l’avais prévue cette ascension….
Et puis, j’ai regardé sur la carte michelin….vous savez celle de 1993 avec son cm qui équivaut à 2 kms : C’est super loin BOURG D OISANS et surtout, très mal desservi et j’ai pas vraiment envie de me taper toute cette route en bagnole, rien que pour faire
une ascension….même si c’est l’ALPE D’HUEZ….
C'est pourquoi, sans regret aucun, j'ai annoncé à ma petite famille qu'il n'y aurait pas d'expédition sur l'ALPE D HUEZ cette année....mais que l'année prochaine, je chercherai bien une nouvelle location du côté de ST JEAN DE MAURIENNE (on reste dans les SAINT JEAN....) pour me taper les plus beaux cols des Alpes : Le télégraphe, le galibier, j'en passe et des meilleurs......